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Histoire

 

La commune de Saint-Sardos porte une histoire vieille de 900 ans derrière elle. Au coeur du triangle actuel formé par les communes de Castelsarrasin, Beaumont-de-Lomagne et Grenade-sur-Garonne et à une échelle plus vaste au coeur du triangle Montauban, Toulouse, Beaumont-de-Lomagne elle se tourne vers la capitale régionale qu’est Toulouse. Le village se situe entre l’Aquitaine et le Languedoc, deux mondes historiquement et géographiquement différents.
Il s'agit là d'un espace tout particulier, marginal dans le sens où les influences sont nombreuses : influence gasconne (ethnique et linguistique), languedocienne (politique et économique), et influence de l'Aquitaine. Pourtant la région de Saint-Sardos que l'on situerait dans le Nord-Ouest toulousain et le Bas-Quercy n'a apparemment appartenu à aucune de ces influences et c'est cette disparité, ces multiples attractions qui ont fait qu'elle ne relève ni d'un monde ni de l'autre. Elle répond au concept de " carrefour intermédiaire " qui s'est forgé au fil des temps et des hommes. Il n'y a donc pas d'entité géographique vraiment claire pour les contemporains et le village de Saint-Sardos se place à l'intérieur de cet agrégat de territoires. Cette région peu peuplée où Saint-Sardos fut créée, comprenait essentiellement bois et terres encore vierges. Les XIIème et XIIIème siècles servaient de cadres aux ordres religieux (en l'occurrence les cisterciens et les bénédictins pour faire référence à l'abbaye de Grandselve et celle de Mas-Grenier). En 1317, fut crée par le Pape Jean XXII, le diocèse de Montauban. L'arrivée des Anglais et la Guerre de Cent Ans (1337-1453) a changé beaucoup de choses dans la région. Avec la prise des villes par les conquérants, les nombreuses résistances des français, cette guerre a apporté, dans le Bas-Quercy, souffrances, misères et révoltes populaires vers la fin du XIVème siècle et du début du XVème siècle.
Après la Croisade des Albigeois (1208-1244), la Réforme (1452-1456) fut aussi une importante crise religieuse luttant contre le Protestantisme qui toucha gravement le pays. Mais la population prend un rapide essor avec le défrichement des terres incultes et cette période est une période prospère au point de vue matériel. A la fin du XVème siècle, le paysan mange à sa faim.

Saint-Sardos, une fondation monastique, une sauveté

La sauveté est un enclos de sauvegarde, avec le bénéfice de la Paix et la juridiction tutélaire. Selon l'historien du Moyen Age, Charles Higounet, ce sont " de petits villages d'hôtes, de création préméditée, placés sous la protection de l'église, protection symbolisée par la plantation de croix délimitant leur territoire ". A la fin du XIIème siècle, le climat de violence et d'insécurité s'étend ; les sauvetés créaient des aires de Paix mais restaient trop exiguës. Le Concile de Narbonne en 990 relance la valorisation des sauvetés et grâce à des échanges, accords et donations entre abbés et laïcs, elles sont ainsi redéfinies. C'est le cas de Saint-Sardos : donation en 1122 d'un alleu (étendue de terres) à une abbaye (celle de Sarlat en Périgord) avec promesse d'implantation de croix délimitant le territoire, protection des habitants et construction d'une église. Une photocopie de la Charte de fondation est exposée dans la salle du Conseil de la mairie de Saint-Sardos. Saint-Sardos, petit village, petite sauveté créée pour répandre la Paix, voilà le but premier de cette communauté de moines bénédictins sarladais venus de si loin pour s'installer dans un pays qui leur était jusqu'alors inconnu mais qui, géographiquement et géologiquement bien placé, semblait être d'un grand intérêt. Peu à peu la sauveté s'agrandit, fluctuant au rythme des évènements, s'adapte et s'intègre lentement comme pour se fondre dans un milieu encore hostile et attire de plus en plus de monde venant s'installer et trouver la paix. Défrichements, cultures, coordination avec la royauté permettent la mise en place d'une petite société, une commune. Certes les troubles religieux du Moyen Age ont ralenti cet essor, mais passé outre, elle s'agrandit au XIIIème siècle comme pour suivre l'effet de mode des bastides et castelnaux en se prolongeant par des lots réguliers tout autour. Sarlat a toujours un regard sur son prieuré et semble mener son affaire à bien malgré les remontrances et concurrences des abbayes voisines. Saint-Sardos a suivi le cours de l'Histoire comme le courant d'une rivière qui suit son chemin parfois semé d'embûches mais qui continue quand même.
Elle devient une commune avec ses consuls comme il est dit dans le Sud de la France car dans le Nord on employait déjà le terme de Maire. Saint-Sardos a su garder en mémoire ses origines ; le clocher de l'église (XIVème siècle), l'église elle-même qui reposent sur les bases de l'église primitive du XIIème siècle, puis en se promenant dans les petites ruelles, on s'aperçoit que c'est tout un patrimoine qui mérite d'être mis en valeur, même si le temps efface les traces du passé. (La halle construite sous l'ère des bastides (XIII-XIVème siècles) fut détruite au début du XXème siècle). Il reste également un vieux moulin isolé, derrière l'école du village et une grande maison privée en briques rouges de style Renaissance inscrite aux Monuments Historiques qui porte encore, en calcaire, mais dans un état plus que critique, des fenêtres à meneaux d'origine.

De Saint-Sacerdos à Saint-Sardos

Sacerdos naquit vers le milieu du Vème siècle au lieu de Calviac en Quercy oû son père Laban et sa mère Mondane qui étaient de Bordeaux, s'étaient retirés. Laban mourut peu d'années après et laissa son fils sous la tutelle de Mondane qui lui donna une excellente éducation et les plus grands principes de religion. Elle le mit sous la discipline de Saint Capuan, évêque de Cahors qui lui conféra les ordres sacrés. Sacerdos revint alors dans sa patrie à Calabre ou il trouva un petit monastère pauvre, vivant d'aumône. Sacerdos fit réparer ce monastère ou il prit l'habit quelques temps après et y vécu sept ans en tant que simple religieux. Après quoi, il fut élu abbé. La réputation de sa sainteté fut telle que, l'évêque de Limoges, Aggerius étant mort, il fut unanimement élu à sa place. Sacerdos gouverna son diocèse pendant plusieurs années mais voyant sa fin proche, souhaita mourir dans son monastère. Il n'y parvint pas mais fut quand même inhumé dans l'église du monastère. Il s'y fit depuis de nombreux miracles mais plusieurs siècles après, le monastère de Calviac est ruiné par des guerres. Cette abbaye est alors réunie à celle de Sarlat et le corps de Sacerdos fut aussi transporté dans cette ville qui le prit pour patron. En 1122, lors de la fondation de Saint-Sacerdos, il est déjà canonisé. Un buste-reliquaire en son honneur se trouve encore aujourd'hui dans l'église. Sacerdos est fêté le 05 mai ; voilà pourquoi la fête locale se déroule à cette époque. Peu à peu, au fil des siècles, Sacerdos s'est transformé en Sardos sans doute à cause de l'évolution de la langue française (latin, vieux-français, français), des déformations orales du langage, et des nombreux patois locaux.

Texte de Catherine REYNAUD

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